24/01/2008

24/01/08 - 03:03

La Finlande 3 : le sauna.

Non, ce qu'on peut appeler "sauna" en France, d'autant plus celui auquel la majorité d'entre vous pense en lisant ces lignes, bande de petits cochons, n'a rien à voir avec le "vrai" sauna, inventé en Finlande il y a des millénaires...

Le sauna fait partie de la vie quotidienne, si l'on en croit cette maxime populaire : "La première année, le Finlandais construit son sauna, la seconde année il construit sa maison autour". Son rôle est hygiénique (nettoyage en profondeur de l'épiderme) et sanitaire (amélioration de la circulation sanguine en alternant le très chaud et le très froid) autant que social. Le sauna, c'est comme la table en France : les Finlandais s'y retrouvent pour discuter. C'est un lieu de paix où il est très mal vu de jurer, de se quereller ou même de parler fort : "Au sauna, conduis toi comme à l'église", dit un autre proverbe. Un sauna se prend en famille, entre amis, après le sport, avec les relations de travail. Il n'est mixte qu'en famille ou entre amis proches. Être invité au sauna par une connaissance finlandaise n'implique aucune connotation libidineuse. C'est une marque d'estime et d'amitié, point final. Une invitation ne se refuse sous aucun prétexte, sous peine de passer pour un rustre.

On trouve un sauna dans tous les bâtiments finlandais (y compris les entreprises, dans lesquelles les réunions de travail sont entrecoupées de "pauses sauna", et dans l'équivalent de nos appartements HLM). Le pays en compte 1 pour 3 habitants. 79% des résidences principales ou secondaires ont le leur.

Alors prêt pour l'aventure ? Consciencieusement douché, vous entrez dans une petite pièce munie de gradins à claire-voie, tout en bois. Au sol, un poêle sur lequel chauffent de grosses pierres. En bas, la température atteint les 70°C, on vous propose de monter. Sur le premier gradin, il fait encore plus chaud (relisez vos cours de sciences nat' de 3ème !). Vous vous y asseyez sur votre serviette (détail important ! Et vous devrez aussi l'utiliser, et toujours du même côté, pour vous asseoir sur le banc du vestiaire). Pour activer la sudation, vos hôtes se fouettent le corps avec des bouquets de rameaux de bouleau ("vihta"). On vous explique que c'est traditionnellement à la Saint-Jean que l'on prépare la "vihta" que l'on va faire sécher pendant l'été et qui se conservera plusieurs mois, voire plusieurs années. Cueillies plus tôt ou plus tard, les feuilles, une fois déssechées, ne tiendraient plus sur les rameaux. Ce sont celles de la précédente Saint-Jean, réhydratées dans l'eau chaude du sauna (à moins qu'elles ne proviennent du rayon surgelé du plus proche supermarché...), que l'on vous tend maintenant pour vous fouetter ce qui, vous garantit-on, vous donnera un sentiment de bien-être.


Vihta accrochées à l'extérieur d'un sauna.

Le temps passe. Non sans mal, vous vous habituez à la chaleur et à la rude caresse du bouleau, et l'on vous invite alors à monter sur le deuxième et dernier gradin. Trempé de sueur, vous jetez un coup d'oeil au thermomètre accroché tout en haut, qui marque allègrement 90°C. Vous vous demandez ce que vous êtes venu faire dans cette galère quand l'un de vos hôtes vous suggère un peu de "löyly". Devant votre air perplexe, il prend une louche de bois et la remplit d'eau... qu'il jette sur les pierres brûlantes ! Un nuage de vapeur, réfléchi par les murs, vous enveloppe, vous brûle la peau, vous fait suffoquer, vous fait compatir au sort des écrevisses jetées vives dans l'eau bouillante. Vos hôtes vous regardent avec bienveillance : vous avez tenu. Il est maintenant temps de sacrifier au rituel de "l'avantouinti", c'est-à-dire de sortir, dans le plus simple appareil, et de descendre l'escalier de bois jusqu'au ponton... pour piquer une tête dans le lac dont l'eau ne dépasse pas 10°C aujourd'hui. Pour ne pas perdre la face, vous entrez dans l'eau, pas trop rapidement quand même, mais la sensation n'est pas aussi terrible que vous le craigniez : passé le premier choc, votre corps gorgé de chaleur n'est pas trop sensible au froid. Vous vous réjouissez quand même que l'on n'ait pas creusé un trou dans la glace, comme on aurait fait en février... et vous retournez aussi sec (si l'on peut dire) sur le gradin du haut pour y reprendre une bonne suée... avant de replonger dans le lac.


En route pour l'avantouinti.

Deux cycles sont en général suffisants, mais pourquoi pas davantage ? C'est cette alternance qui vous fait le plus grand bien.

Après votre sauna, descendez sur le rivage. Relaxé comme jamais, dans le grand silence du crépuscule, vous vous sentirez en communion avec la nature qui vous entoure. Restez-y, goûtez la paix, admirez les couleurs du ciel et observez les rennes qui viennent se désaltérer.


Le lac Jerisjärvi au coucher du soleil.

Les Finlandais vont au sauna dès le plus jeune âge. Les bébés sont placés dans un baquet de bois au niveau du sol et régulièrement aspergés d'eau. C'est même là que les femmes accouchaient traditionnellement.

Sachez aussi qu'il existe un championnat du monde de l'endurance en sauna. En 2006, le vainqueur de la 8ème édition, d'origine finlandaise bien sûr, a tenu 13 minutes et 38 secondes dans une atmosphère saturée de vapeur d'eau à 110°C !

commentaires

24/01/08 - 05:42

Ca donne envie !

Merci de partager cette expérience :)

24/01/08 - 06:46

attention sacha c'est chaud !

24/01/08 - 13:17

ahahaah !!! J'ai justement rereregardé le sketch il y a deux jours !! :o)

24/01/08 - 13:17

ils font pas moins des trucs chauds ou un truc genre avec de l'eau et des bulles ?

24/01/08 - 13:42

?

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.